La vie, le bonheur, l’objectif
La vie, le bonheur, l’objectif…
Quand on est croyant, on grandit souvent avec cette idée étrange et magnifique à la fois : si nous sommes ici, ce n’est pas pour rien. On vient avec une mission, une réparation, quelque chose à comprendre ou à transmettre. Alors parfois je me demande… si notre but était uniquement d’être heureux, pourquoi l’être humain est-il incapable de l’être durablement ?
Parce qu’au fond, même quand tout va bien, il manque toujours quelque chose.
On traverse tous des périodes de vide. Des moments où l’on regarde le monde et où tout paraît absurde. Les guerres, les injustices, la violence, les gens qui ne se parlent plus vraiment, les nouvelles générations qui grandissent avec un téléphone avant même d’apprendre à se connaître elles-mêmes… Et pourtant, la nature, elle, continue d’avancer parfaitement.
Chaque rayon de soleil tombe exactement là où il faut pour faire éclore une fleur. Chaque fleur nourrit un insecte, qui nourrira un oiseau. Tout semble avoir une place, une utilité, un équilibre.
Sauf l’être humain.
Parce que nous passons notre vie à chercher ce qu’il nous manque au lieu de regarder ce que nous avons.
Prenons simplement trois enfants.
Le premier a grandi entouré d’amour. Une mère présente, attentive, toujours là au moindre bobo. Il a appris qu’on pouvait le protéger de tout. Mais devenu adulte, la moindre douleur l’effondre. Le moindre abandon le terrorise. Il a grandi aimé, mais aussi terrifié à l’idée de perdre ce cocon.
Le deuxième n’a manqué de rien matériellement. Des cadeaux à Noël, les derniers gadgets, des vacances, des consoles… mais des parents absents, fatigués, trop occupés. Alors il grandit en apprenant à remplir le vide avec ce qu’il trouve : le regard des autres, l’amour, la validation, parfois même les mauvaises personnes. Parce qu’au fond, il cherche juste quelqu’un qui l’écoute réellement.
Et puis il y a celui qui n’avait presque rien. Pas d’argent, pas de stabilité, parfois même pas d’amour. Mais comme personne ne lui construisait de monde rassurant, il a dû inventer le sien. Alors il développe une imagination immense, une sensibilité différente, une manière de voir ce que les autres ne voient pas.
Et le plus fou, c’est qu’ils se jalouseront tous les trois.
Parce qu’on finit presque toujours par désirer la vie qu’on n’a pas eue.
Je crois que nos blessures deviennent souvent le centre de notre existence. On passe notre vie soit à les reproduire, soit à courir à l’opposé extrême. Celui qui a manqué d’amour devient dépendant affectif. Celui qui a été étouffé cherche la liberté partout. Celui qui a vécu dans le chaos devient obsédé par le contrôle.
Et peut-être que notre vrai travail sur terre commence justement là : accepter nos blessures au lieu de faire semblant qu’elles n’existent pas.
Pas pour vivre dans la souffrance.
Pas pour devenir “fort” aux yeux des autres.
Mais pour comprendre ce qu’elles essaient de nous apprendre.
Parce que le bonheur n’est peut-être pas un état permanent. Peut-être que c’est simplement ces moments où l’on arrête enfin de se battre contre soi-même.
Même si, entre nous…
faire le tour du monde en jet privé reste une forme d’évolution spirituelle intéressante.