Origines

Jour 7

Matinee de confinement dans le confinement…

Apres s’être endormi d’épuisement à 2h du matin, un enfant hurle dans le couloir. Bizarrement tout le monde accours dans ma chambre, je me permets de leur rappeler que si il n a même pas bronché alors qu’on lui charcutait le bras, c’est certainement pas le mien qui hurle avec une voix de grande fille.

Je ne comprendrai jamais la faculté de savoir ouvrir une porte mais ne savent pas comment la fermer. Donc on a aussi le droit à l’animation couloir gratuite.

6h du matin changement de garde. Le petit est donc épuisé (moi aussi mais je ne suis plus à ce genre de détails), elles entrent en hurlant dans la chambre, je suis ravie de savoir que la supérette en bas de chez elle n a plus d’oeuf mais que sa copine a pu acheter du papier toilette, décidément c’est une obsession ce truc.

Mon fils tousse, je prends le risque de les prévenir qd meme, il est asthmatique c’est ok… bon merci c’est déjà ça.

Donc 6h du matin, « maman zé faimm », moi aussi mon amour et maman sans manger est un tueur en série.

Bon… 8h du matin l’infirmière passe. Elle prend ses constantes. Ca sonne dans tous les sens « bon la tension n’est bonne. Ok cest noté »

Allooooo mon fils a 4 ans. La tension n’est pas bonne tu peux détailler?

Je ne suis pas médecin. Ok merci.

8h30, repas. Ambiance de mort. A la base, la partie enfant de cet hôpital est toujours pleine de vie là rien.

« Tu prends ton plateau et tu fonces dans la chambre… »

8h40. Mon fils prend sa première bouchée. L’estomac vide depuis 13h. Le médecin rentre. C’est tellement difficile de synchroniser les horaires… surtout que l’urgentiste qui avait eu le coup de foudre sur lui venait de venir.

Bref, visite médicale. Elle le contrôle et me dit « on est en temps de guerre, le Corona est partout, on ne peut pas garder un enfant à l’hôpital. Ca peut-être cardiaque, ça peut-être de l’épilepsie, ce qui est sur c’est qu’il faut des analyses poussées et tout le matériel médical et tous les médecins sont réquisitionnés. Impossible de passer électroencéphalogramme, tu rentres chez toi.

- ok donc je rentre chez moi et je l’empêche de rire? Non parceque 2 fois en 2 semaines il tombe. Et si cest sur la tête? Et si c’est plus de temps?

- j’appelle ma responsable« Entre temps interdiction de prendre l’air, juste un fond de l’oeil a faire. Moi qui deconne sur le coro toute la journée, je prends conscience de la situation. Les salles qui sont d’habitude pleines sont carrément vides. Une chaise sur deux de la salle d attente est condamnée avec comme mot d ordre « 2m entre chaque personne ».

Le médecin te reçoit limite en combinaison. « Tu as l’accent… -oui oui mais je ne reviens pas de france ».

On remonte dans la chambre le petit est épuisé. Aucun médecin ne nous a vu. On pense sortir vite. et puis… la chef arrive… « ecoute ça va pas. Les analyses ne sont pas top. En temps normal on l’hospitalise plusieurs jours, (chouette Joseph va se taper les cours), mais là on ne peut pas. On le met en danger. On vide l’hôpital. Le neurologue veut faire un électroencéphalogramme, on ramène la machine que pour lui, mais cest demain à 7h. La théorie voudrai qu’on t’oblige à rester mais rentre. Prend ton fils et rentre. Reviens demain à 6h30 avec un enfant épuisé. Si tu ne reviens pas tu seras considérée comme déserteuse et envoyée en prison »

12h20. Il est grand temps de faire une sieste. J ironisais jusqu’à maintenant pour le coro et je continuerai à le faire mais j’avoue que jai l’impression de revenir du front«