Autoportrait, 34 ans
Aujourd’hui
Journée de sensibilisation à l’autisme, je vais passer réellement de l’autre côté de la barrière. Ca va parfois être dur (surtout pour moi) à écrire ou lire, ça va rentrer dans une phase de moi (et de mes enfants) que je n’aime pas exposer.
Mais je crois qu’aujourd’hui on a le droit à chacun sa présentation (enfin sauf numero 3 dont l atypie n’est pas l’autisme donc lui ca ne sera pas aujourd’hui).
Je vais, une fois n’est pas coutume, moins rire et être plus sérieuse. Et je vais surtout commencer par moi…
Alors, je me présente.
Jenny, 34 ans, toutes mes dents (j’en ai même une en trop parce que je déteste tellement la sensation des gants en latex dans ma bouche que je préfère ne pas arracher ma dent de sagesse).
J’ai un parcours de vie plutôt différent. Quand j’étais petite l’autisme verbal était peu, voir pas connu. Donc quand ma mère m’a trouvée « bizarre » voir « torturée » au point de m’amener voir un psy, il est juste passé a côté de la plaque. Dès lors j’ai été habituée à paraître « normal » dans un monde étranger
Mes intérêts restreints
Pour le permanent et depuis toujours, la psychologie des psychopathes et des tueurs en série et le fonctionnement en général du cerveau (c’est d’ailleurs comme ca que j’ai choisi mon métier).
Puis pour les sous branches
Récemment je suis passé par le maquillage, l’univers Marvel, harry potter, le toilettage et maintenant les décorations en ballon.
Depuis petite j’ai des phases torturée et jusqu’à mon diagnostic qui a réussi a apaiser enfin en partie tout ça, je suis passée par des phases d’anorexie, de boulimie, d automutilation, tentatives de suicide, j’ai tout testé adolescente et j’avoue que le diagnostic m’a aidée à me comprendre, même si jaimerai que certains le comprennent mieux.
Je vis le contact physique comme une agression, et chaque fois qu’on me fait la bise je dois me mordre la levre pour ne pas chialer.
J’ai peu de sentiments et je ne comprends pas les nuances.
Jaime écouter les gens et l’avantage c’est que ca ne me bouffe pas de les savoir en détresse.
Le but de ma vie est de trouver des solutions à tout le monde pour ne pas avoir à être impuissante et sans réaction aux soucis.
Je fais de la prosopagnosie, c’est a dire que je ne reconnais pas les visages des gens en général dans la rue; à part si j’arrive à les cataloguer avec certaines ressemblances, mais du coup on assiste a des scènes assez insensées. Je trouve que chaque jour et chaque son à sa couleur.
Je déteste le bruit, la musique forte, les lumières, les gens, mais j’ai appris au fil des années à m’adapter au quotidien.
Quand on me voit j’ai l’air « normale », j’ai appris la vie, les expressions, les réactions à avoir, en regardant des films et des séries.
J’ai des spécificités alimentaires assez galère. J’ai plus de compassion pour les animaux que pour les humains. J’ai la phobie de la confrontation.
Mon combat principal maintenant c’est de faire comprendre aux autres que meme si c’est clairement peu voir pas visible, je vis une guerre au quotidien et toutes les personnes surtout les femmes, autistes haut niveau, doivent combattre sans cesse.