Il y a un an, 7 octobre
Il y a un an, c’était le 6 octobre mais tout était différent.
C’était les fêtes, nous sortions en famille, et je m’étais dit que je ferai un petit montage photos après la fête.
Il y a un an, c’était le 6 octobre, Shiri a couché ses enfants, Ariel et Kfir, des grands parents recevaient leurs familles autour d’un repas traditionnel, chacun vivait la fête à sa façon. Il y a un an, des jeunes et des moins jeunes allaient danser la vie et l’amour.
Il y a un an, je croyais à la force de la paix et du vivre ensemble, je croyais que chacun gérait son pays à sa façon et que ça ne nous regardait pas.
Il y a un an, c’était la dernière fois que je me couchais sereine, la dernière nuit que j’allais passer tranquille, peut-être même la dernière fois que j’ai eu une foi aveugle en l’humanité.
Et puis, le 7 octobre, je me souviendrai toute ma vie du cri perçant d’une voisine en découvrant l’horreur, je me souviens entendre des explosions sans comprendre…
Il y a un an, moins un jour, ce bruit de bombardement me revenait comme à l’époque où j’habitais dans le sud d’Israël mais pourtant je n’avais pas envie d’y croire.
Alors naïvement je me suis demandé s’il y avait des travaux, mais les regards inquiets dans les rues ne trompaient pas…
J’ai souvent rêvé d’un jour, où on se lèverai sur un monde meilleur et j’ai cru que le 7 octobre 2023 serait un tournant qui conduirait à ça… Que le monde ouvrirai les yeux sur le terrorisme et que nous pourrions s’en débarrasser…
Je me souviens, les jours qui passent, puis les semaines, collés aux infos, à voir des images, entendre des mots que mon esprit a du mal à emmagasiner…
Violé, brûlé, mutilé, éventré, décapité, torturé, les scènes de liesses « d’innocents opprimés ». Les jours, les semaines passent mais on est encore le 7 octobre. Les fêtes passent, Hanouka, pourim tous ces jours de joie n’ont pas le même goût, et chaque jour on se dit que les otages vont rentrer … Enfin…
C’était il y a un an mais c’était hier. Les populations sont déplacées d’un bout à l’autre du pays, les roquettes, drones, missiles pleuvent sur plusieurs fronts…
C’était il y a un an mais c’est encore hier, l’antisémitisme d’atmosphère qui rejaillit plus fort que jamais, les condamnations sans aucun sens…qui a condamné les Etats Unis après le 11 septembre, qui condamne la France après le Bataclan… Mais Israël ce n’est pas la France ni les USA…
Il faut qu’on protège les populations qui vivent au milieu des terroristes alors on envoie nos soldats, nos enfants, dans des pièges où le jeu n’est pas proportionnel car comment se comporter face à ceux qui aiment la mort autant qu’on aime la vie?
Les jours passent et le temps est encore bloqué.
On sort, on rit, on vit mais on n’oublie jamais, pas une seconde…
Les têtes des leaders tombent mais comme « Hydra » dans l’univers de Marvel « si une tête est coupée, deux autres prendront sa place ».
Nos enfants savent tous comment gérer en cas d’alerte, et encore je suis dans une ville épargnée.
On entend, un attentat par ci, un attentat par là. Une alarme qui résonne et qui fige encore le sang de nos frères et nos cousins.
366 jours qui sont passés comme un seul…
364 jours
101 otages
1615 morts, on ne compte plus les blessés, les déplacés, les traumatisés, les suicidés…
921 orphelins
226 veufs
1078 parents ont enterré un enfant, 119 n’en ont plus…
On ne compte pas les milliers d’Israëliens aux abris, les milliards de shekels investis pour nous protéger….
On n’ose pas imaginer le bilan actuel sans dôme de fer et la main de D.ieu…
Le 7 octobre 2023 c’était hier, et demain nous seront le 7 octobre 2024, et les rêves de paix s’effacent comme le sable sous les vagues trop fortes d’une tempête tropicale.
Mais l’espoir, la résilience, la liberté et la résistance de notre peuple ne sont pas une légende, alors on fait de « l’humour », on ironise, on vit, on fête et on continuera à gérer la vie jusqu’à la fin… Le 7 octobre s’était hier, simha torah et le festival nova aussi alors pour tous ceux qui se battent, pour ceux qui sont tombés, on continuera à danser et on se réveillera un jour sur ce fameux monde nouveau, où tous les peuples pourront vivre en paix dans le seul but de construire un avenir meilleur.